lundi 19 août 2019

Fenêtres de trains



Paysages mobiles, voyages d'un point à un autre en traversant la campagne, les prairies,
les chemins, les villes, les plages, le monde, la vie...
Ces tableaux, à travers les vitres rectangulaires des trains,
jonglent entre figuratif et peinture abstraite, images et rêves enfantins .
Une montagne, une ferme, un tracteur, un désert, de la terre au ciel, la voie lactée...
Traverser la France, un mois de vacances dans six départements cet été :
Haute-Savoie, Ardèche, Saône et Loire, Haute-Loire, Drôme, Bouches-du-Rhône.
Que de coins divers et variés, entre lacs, ruisseaux, fleuves, rivières, mer... dans l'Hexagone.
Usines désaffectées, immeubles bétonnés, herbes folles, gazon au carré, vaches laitières, arbres poétiques.
Les oiseaux sur les fils électriques se transforment, avec la vitesse, en notes sur une partition de musique.
Des maisons, des vies, des piscines dans des jardins, des barrières, des photos de famille, des portraits ...
Des vignettes de bande dessinée, des aquarelles, des clichés en noir et blanc, des gravures du passé.
La nature change en quelques minutes...prendre le temps du trajet, avancer, profiter et découvrir,
être surpris, ici et là, un concerto de formes et de couleurs, ne plus courir.
Marcher, regarder, patienter, se déplacer à vélo, en train, en barque, en pédalo.
Partager les douces lumières des couchers de soleil avec les voyageurs, incognito.
Les nuages dansent, les feuilles glissent, les collines sautillent, les barrières se décomposent.
Les gens dehors deviennent des points, les bâtiments une ponctuation, les éléments sont en osmose.
Ici les piscines comme des pions sur un damier, dans un jardin quadrillé, des haies régulières.
Là une étendue sauvage, rebelle, sans humain, vide, puis des moutons, des vignes, des pierres,
des villas, des pavillons, des gîtes, des campings, des hôtels, des châteaux,
autant de géométries que de courbes, un voyage mystérieux, un train cadeau.







lundi 17 juin 2019

fonds marins


 

Le bleu velours chaud jongle avec le bleu translucide froid.
Les algues dansent, inquiétantes, au ralenti. Le temps s'est arrêté tout en bas.
Une étoile des mers vient d'apparaître soudainement.
Elle porte une chemise à carreaux verte avec un peu de blanc.
Le fond de ses yeux tachetés ressemble à cette mousse rousse accrochée à un rocher.
Sa voix comme un chant pour enfant, m'a touchée.
Elle est bretonne, elle sent les vagues, les embruns, les joues rosies,
le sel de la mer, le sel de la vie.
Ses cheveux ébouriffés orange, semblables à une éponge calcaire.
Au fond de cet océan, je me sens en sécurité à présent, mes poumons sont plein d'air.
J'ai envie de sortir la tête, de nager longtemps, de remonter avec toi à la surface.
Tu es lumière, tu es venue éclairer les fonds opaques que je traversais, sans place.
Une vie cachée. Je n'en veux plus. Les fonds marins sont angoissants et envoûtants.
Je rêve de sortir le trésor du sable, le rapporter sur la plage joyeusement.
Un alguier emmêlé, un feu glacé, un tourbillon sans issue, une faucheuse,
viennent de faire place à une plante verdoyante, saine, radieuse.
Le mystère, l'immensité, les chemins multiples, la création, qu'est ce qu'il y a au bout ?
Au dessus on ne voit rien tout est plat, un monde entier et bouillonnant vit dessous.
Ici des anémones de mer, là une ancre, des bivalves, un poisson, un corail brillant.
La sensualité d'une algue qui effleure ma cuisse, un bleu, un vert, un jaune chatoyant.
Merci la vie,
pour ce cadeau si joli.