mardi 5 avril 2022

La disparition

En un instant, la flamme de sa vie s'est évaporée dans la froideur des cendres des branchages coupés quelques heures avant. La campagne, la nuit naissante, ces ombres mystérieuses, le scintillement de ton feu élégant. L'embrasement dans ce champ, les couleurs chatoyantes se fondant dans un sol mâtiné de gris. Le ciel du soir, le flamboyant automne, la douceur de l'herbe, le crépitement de ton cœur, ton âme en vie. Soudainement...la disparition. Le choc, l'effroi, l'interrogation, la stupéfaction. Tu étais là dans nos vies et soudain comme un oiseau surpris, tu t'es envolé. La nature t'a accueilli, luxuriante, bienveillante, sur une douce herbe tu t'es couché. L'automne, les feuilles, les cailloux, les arbres, la danse végétale, le rouge savoureux de la vie. Une montagne à franchir, un sentier à traverser avant d'apaiser nos ruisseaux meurtris. Transportée devant un obstacle, une immensité, un vide abyssal, une colline en émoi. Puis petit à petit avancer, sourire, se nourrir de toutes ces belles couleurs avec lui, avec toi.

vendredi 14 janvier 2022

Voyages solitaires

Marcher, cheminer, parcourir, s'arrêter, sentir, observer...s'en nourrir. Partir seule quelques jours à la découverte d'un avenir. Laisser les déceptions, les blessures, les chagrins, le passé, dans sa ville éloignée. Gravir des rochers, fouler les planchers du musée du Temps puis...contempler. L'Ardèche, la Bretagne, l'Aubrac, Cluny, Toulouse et Besançon. J'ai vécu ces six expéditions. Parfois les pieds boueux, d'autres fois traversant la poussière écrue, chemins vertigineux. Le sel marin, le vent des plateaux ou encore une pluie urbaine sur mes cheveux. La mousse d'une bière fraîche le soir côtoyant celle de rochers segmentés en début de matinée. Une toile de tente au cœur d'une île, un gîte esquissé dans un pré, un hôtel charmant au milieu des pavés. Une place rouge, un désert lunaire, un océan brillant au mois d'août. A pied, à vélo, en bateau, en bus, avec un sac à dos, itinéraires multiples, parcours, périples, innombrables routes. Du papier, un crayon, un livre, le journal du coin, un café avec des villageois causants. Attablée, écoutant les conversations de ces gens, s'immerger dans leurs accents. Aller à son rythme, n'attendre personne, ni devant un tableau de maître, ni face à l'horizon, ni au cœur d'un paysage. Écouter sa voix intérieure, le silence, les voisins du camping, les cris des animaux, la musique des nuages. Itinérance, méditation, déjeuner quand tu en as envie, ne plus réfléchir, se laisser guider et avancer. Contempler la vie dehors et en soi, se remplir de solitude, de cette aventure personnelle et rentrer ressourcée.

lundi 4 octobre 2021

La randonnée

Partir sans un livre, sans un carnet ni un crayon, sans musique. Seulement un sac à dos avec le minimum pour vivre une semaine. Ecouter ce que la montagne nous conte, sentir les éléments atmosphériques. Contempler les traits des sommets, se créer une histoire à travers les plaines. Avancer avec elle, cette nature, se plonger dans cet univers fantastique. Découvrir les arabesques, les couleurs, les sensations émotionnelles. Monter toujours plus haut, plus loin, au bout de l'effort physique. Se dépasser, s'évader, oublier, jouir de cette aventure ascensionnelle. La lumière, à six heures du matin, me rend légère, remplie, comblée. Le vide n'existe que dans les pentes abruptes, les falaises. Le cœur léger, la respiration profonde, enivrée. Mon corps avance à son aise. Le bruit des pas sur les cailloux, des marmottes et des rapaces, du vent et du silence. Celui des cuillères dans la soupe du soir, de la pluie sur nos capes étanches, la mousse de la bière tant méritée à l 'arrivée au gite et les rires des parties de jeux denses. Le clapotis de la douche chaude sur la peau fatiguée, d'un pied écrasant sur une branche. L'odeur des dortoirs, entre bois, chaussettes et nostalgie. Les couvertures rêches, l'ampoule blafarde, le bonheur du voyage. Ta main dans la mienne, nos fous rires à propos des sacs poubelles, la connexion de nos esprits, Je ne savais pas que nous venions enterrer notre amour dans ces paysages...