lundi 25 février 2019

Montagnes


Ce sommet pointu semble têtu.
Une crête fière arbore sa crinière de lignes sinueuse.
Les chemins escarpés, en cette sécheresse sont dévêtus.
Une aiguille traversera bientôt le gros nuage qui maintien l’eau pluvieuse.
 
L'altitude donne un esprit de légèreté,
que l’avalanche ne saurait atteindre.
Le massif brun, puis rose, devient doré.
Magie de la falaise, qui ce soir va s'éteindre.
 
Le randonneur, a un pas qui vole dans la vallée,
relève son col, respire, reconstruit son cœur en faille.
Sa gorge dont les jugulaires deviennent glacées,
Chante, dans le silence une sonate sortie de ses entrailles.
 
La cime s’élève sur ravin, que la prairie apaise.
Le dénivelé brutal, fait danser ses pieds atmosphériques.
Là une arête le sauve du précipice et naitra une javanaise.
L’environnement est doux, mais aussi effrayant, parfois mystique.
 
Le relief, une partition entre roches et érosion,
éloigne du gouffre, son âme pure.
Un mont délicat, empli de passion,
remplit son être de bien-être et panse ses déchirures.
 
 

 





 


dimanche 23 décembre 2018

Passages piétons

Le macadam noir...
Rayures blanches sur la route animée,
une marinière urbaine ostentatoire,
pour traverser en sécurité sur la chaussée.
 
Les piétons sur ce passage,
semblables à des pions sur une jeu de Dames,
des mouches sautillant sur un zèbre sage,
des bonshommes de neige sur du réglisse à la banane.
 
Géométrie de la ville,
rectangles en alternance,
l'homme a construit des traces immobiles,
pour des êtres en mouvance.
 
Passage clouté,
marquage exigé, nécessaire,
laisser passer,
les gens sur leurs pieds arbitraires.
 
Comme un dessin dans la rue,
des plans différents toutes les minutes,
des milliers de tableaux, de multiples vues,
images cadrées, avec cette limite brute.
 



 



samedi 20 octobre 2018

une pause

Une pause :


Je bois souvent un café en écoutant de la musique, en dessinant, ou en téléphonant.
Je cours avec la radio dans les oreilles, je suis allongée sur mon lit avec un livre, je lis le journal en mangeant.
Je décide de prendre conscience de chaque action, des gestes que je fais, de les vivre un à un.
J'invente de petits exercices pour profiter pleinement du temps qui passe, et me sentir bien.
De nos jours, tout avance trop vite, tout file, alors je prends une pause, des pauses.
Je me recentre, je me sens exister pleinement. J'ose.
A la terrasse d'un café, dans un jardin, sur une place, rester pendant 1 h sans rien faire,
juste regarder les gens, écouter leurs conversations, respirer les odeurs, sentir l'air.
Courir ou faire du vélo en regardant les paysages et en essayant de ne penser à rien, faire le vide artistique.
M'allonger sur mon lit et écouter un disque en entier, en me plongeant totalement dans la musique.
Lire un livre peu épais, d'une seule traite sans interruption.
Dessiner sur mon bureau dans le silence de ma maison. .
Jouer aux Lego avec Jean en retrouvant l'innocence et la simplicité.
Chez le médecin, lire les magazines proposés dans la salle d'attente aux lumières tamisées.
Prendre une douche en pensant que j'ai tant de chance de me laver à grande eau.
Sortir dans la rue, faire des courses sans mon téléphone portable, laissé là-haut.
Contempler, écouter, me ressourcer, analyser, décortiquer, me souvenir,
profiter, découvrir, méditer, sentir, ressentir...










lundi 3 septembre 2018

Le Photomaton


Il sourit. Elle fait la grimace.
Sur cette photo un frère et une soeur ensembles, pleins de grâce.
Sur cette autre, la main du père soutient la tête de son enfant.
Une cabine photographique automatique de l'ancien temps.
Bouche de métro, rideau, siège réglable, images en ribambelle.
On avait le droit de garder ses lunettes, de sourire, d'avoir une mèche rebelle.
Peut-être même une cigarette à la bouche, une glace, une crotte de nez ?
Les visages étaient expressifs, joyeux, coquins, tristes, angoissés...
Portraits en noir et blanc, une lumière remplie de douceur.
Quatre petits rectangles, quatre vignettes en hauteur.
Une émotion dans chaque case, un visage différent,
La surprise, une place au hasard, un évènement.
L'attente. Quelle tête vais-je avoir ?
Serai-je belle ? Aurai-je une tête de têtard ?
Aujourd’hui on ne règle plus que la hauteur du siège,
on règle tout, et il n'y a plus de piège.
Le but, un portrait sans expression, les quatre identiques.
On éclatait de rire en découvrant les images photographiques.
A présent, nos lèvres ne bougent plus.
Les quatre photos d'identité ne respirent plus.